Lettre AIPCN 2000

publié le 19 octobre 2011 (modifié le 11 janvier 2012)

Éditorial

Après l’organisation en 1969 du Congrès de Paris, et celle des visites techniques qui suivirent la réunion de la CIP à Monaco en 1982, la France aura l’honneur et le plaisir d’accueillir en mai prochain la Commission Internationale Permanente (désormais appelée Assemblée Générale Annuelle - AGA) qui tiendra dans notre capitale sa première séance du 3ème millénaire.

Un honneur, car l’AGA est l’instance délibérante de l’Association : c’est au cours de sa réunion que sont prises les décisions qui conditionnent l’activité de l’AIPCN, non seulement celles qui concernent les Congrès, mais également tout ce qui détermine son programme de travail pour faire progresser la technique en matière de navigation maritime ou intérieure.

Un plaisir, car même si l’effectif des participants est moins nombreux que lors des congrès quadriennaux, l’AGA réunit les délégués des pays qui adhèrent à l’Association (ainsi que les personnes qui les accompagnent), soit plus de cent personnes venant du monde entier, entre lesquelles chaque réunion créé immédiatement de solides liens d’amitié.

C’est dire que la Section Française s’attache de tout son coeur à ce que l’AGA de Paris soit à la hauteur de celles qui l’ont précédée, tant pour ce qui concerne la partie administrative de la réunion que les exposés et visites techniques, sans oublier les activités « sociales » qui permettent aux participants de se détendre après de longues heures de travail.
Pour ce qui est de la partie administrative, le rôle de la Section Française consiste à l’organiser au seul plan matériel et faire en sorte que le travail toujours excellent de la Présidence et du Secrétariat Général de l’Association, qui préparent et conduisent la réunion, trouve sa pleine efficacité.

Par contre, la Section Française a l’entière responsabilité de l’organisation des séances et visites techniques qui ne sont pas moins déterminantes du succès de l’AGA : elles permettent, en effet, au pays-hôte de montrer ses conceptions et réalisations dans les domaines de compétence de l’Association. Nous le ferons en 2001 en présentant nos projets et réalisations maritimes et fluviales, notamment au port du Havre et à celui de Paris, avec une légitime fierté mais sans le moindre complexe de supériorité. De ce fait, ces séances et visites techniques constitueront un apport apprécié par les participants étrangers. Mais l’AGA offrira également à ces derniers la possibilité de réagir aux exposés et aux présentations en exprimant leurs points de vue personnels étayés par les conceptions et réalisations de leur propre pays. Elles permettront donc, comme l’ont montré les CIP précédentes, un dialogue enrichissant pour la totalité des délégués et contribueront de façon efficace à l’accomplissement de la mission de l’Association.

Car tel est bien l’objet de chacune des rencontres qu’organise l’AIPCN : Congrès, AGA, réunions de Commissions et de groupes de travail sont à chaque fois un excellent moyen pour les membres de l’Association d’échanger leurs connaissances ou leurs préoccupations, et de pouvoir, de retour dans leur pays, mettre à profit ce qu’ils en ont retenu pour réaliser des ouvrages plus performants, non seulement au plan technique mais également à celui de l’économie et d’une bonne insertion dans l’environnement humain et naturel.

Les membres de la Section Française ainsi que les organismes et les entreprises qui ont bien voulu lui apporter leur concours matériel et intellectuel, ont donc mis un point d’honneur à ce que l’AGA 2001 réponde pleinement aux attentes de tous les participants. Ils savent que c’est pour eux un devoir d’abord envers l’Association ; c’est aussi un devoir envers notre Pays qui saura ainsi justifier la confiance dont témoigne le choix de Paris pour la tenue de l’AGA 2001.

La réunion de Paris sera, j’en suis certain, un grand moment dans l’Histoire de l’AIPCN à la fois par la qualité de l’organisation matérielle de ses réunions, par l’intérêt des exposés et visites techniques et par l’agrément des activités sociales. Chacune et chacun des membres de la Section Française s’attachera aussi à ce que, par la constante qualité de l’accueil qui sera réservé pendant toute la durée de la rencontre aux délégués et aux personnes qui les accompagnent, l’AGA 2001 soit un grand moment d’amitié.

Jean CHAPON, IGPC,
Premier délégué du Gouvernement français

Le mot du président

PREMIERE AGA DU NOUVEAU MILLENAIRE A PARIS DU 13 AU 18 MAI 2001

Avec le concours du comité de pilotage créé à cet effet, le Conseil d’administration de la Section Française poursuit activement la préparation de la prochaine Assemblée Générale Annuelle – AGA – du nouveau Millénaire que nous aurons l’honneur et le plaisir d’accueillir à Paris du 13 au 18 mai 2001.

Le programme administratif, les visites techniques à aux ports de Paris, Le Havre et Monaco (ce dernier en option payante) à ainsi que le choix des activités culturelles proposées sont en cours de mise au point, en liaison avec le Secrétariat Général de Bruxelles.

D’ores et déjà un certain nombre de « sponsors », publics et privés, ont bien voulu nous apporter leur soutien financier. Nous tenons à les en remercier très vivement ; et nous espérons encore obtenir d’autres contributions qui permettent de boucler définitivement le budget prévisionnel de cette manifestation fort lourde pour notre jeune association.

Grâce aux efforts de tous, j’ai confiance et bon espoir que cette AGA n°1 connaisse un grand succès !

Jean-Marc MEDIO,
Président de la Section Française

Échos de la CIP (AGA de Mai 2000 à Londres)

Comme chaque année à pareille époque, l’Association Internationale de Navigation Fluviale et Maritime ( AIPCN ) a tenu son assemblée générale annuelle.

Ainsi, du 15 au 18 mai 2000, la Section Britannique a accueilli à Londres l’ancienne CIP Commission Internationale Permanente, désormais intitulée AGA (Assemblée Générale Annuelle en français, Annual General Assembly en anglais).

La délégation française était en l’occurrence composée de MM. Chapon, Medio, Oliver, Pechère, Jamet, Dalaise, Morin, Pierron, Pietri, Boutin.

Plus de 130 délégués, représentant une vingtaine de pays et venant de toutes les régions du monde ont participé à cette importante manifestation qui a ainsi connu un large succès.

Outre les activités statutaires, administratives et financières traditionnelles, le programme mis sur pied par la Section Britannique de l’AIPCN a été l’occasion pour la nouvelle équipe dirigeante, le Président Éric VAN DEN EEDE et le Secrétaire Général Louis VAN SCHEL, de présenter pour la première fois leur politique d’ouverture et de développement dont ils ont d’ores et déjà engagé la mise en pratique.

La Section Britannique a également organisé un choix comportant trois possibilités de visites techniques fort intéressantes, à savoir :

  • le réaménagement du quartier des docks portuaires (Docklands) au sein de l’agglomération londonienne,
  • la modernisation des installations du port de Douvres et le terminal à conteneurs sur la Tamise,
  • les travaux de construction d’un canal de décharge des crues de la Tamise pour la protection contre les inondations des quartiers situés à l’Ouest de Londres.

A noter également que la demi-journée consacrée au « débat international », qui avait pour thème « le transport par la voie d’eau au XXIème siècle », a notamment permis de traiter de divers aspects techniques et économiques relatifs à la navigation fluviale, ainsi que du développement durable dans le domaine sensible des aménagements côtiers.

Déclaration politique 2000-2004

  • Introduction

Depuis sa constitution, en 1885, l’AIPCN est le chef de file international en matière d’expansion et d’amélioration de la navigation. A l’aube du nouveau millénaire, la globalisation de l’économie et le transport de marchandises et d’équipements qu’elle suscite sont de plus en plus à l’ordre du jour international.

La population mondiale a dépassé le cap des 6 milliards de personnes et devrait atteindre 8 à 10 milliards en 2050. Ceci suscitera pour le monde entier d’immenses défis techniques de déplacement des personnes et des biens, tant au sein des pays et continents qu’entre ceux-ci, dans des conditions suffisantes de sécurité, d’intérêt économique et de respect pour l’environnement, pour le plus grand bien de l’humanité. Les dirigeants politiques et les plus éminents scientifiques du monde sont désormais conscients de l’absolue nécessité d’accroître significativement le transport par eau si l’on veut relever ces défis.

Fidèle à sa longue tradition, l’AIPCN est décidée à assumer ses responsabilités et à jouer un rôle majeur dans le développement et l’amélioration du transport mondial par eau. L’AIPCN, en effet, compte parmi ses membres de nombreux experts des divers aspects de la navigation. Le plan stratégique de l’Association intègre le recours à l’expertise de ses membres pour élaborer les meilleures solutions possibles aux défis futurs du transport mondial par eau.

  • Vision

L’AIPCN sera reconnue à l’échelle mondiale en tant que premier production international d’information impartiale et faisant autorité en matière de promotion, d’exploitation, de gestion et de développement durable des ports et des voies d’eau.

  • Mission

L’AIPCN s’efforcera de faire progresser dans le monde entier le développement durable de toutes les modalités de navigation en :

    • identifiant et diffusant les meilleures pratiques mondiales (lignes directrices, recommandations, normes) et en donnant accès aux données internationales, en vue d’améliorer les processus de décision grâce à une information professionnellement éprouvée et impartiale,
    • constituant le forum international d’analyse et de discussion de tous les aspects du transport par eau, qu’il s’agisse de politique, de gestion, de conception, d’économie, d’intégration aux autres modes de transport, de technologie, de sécurité opu encore d’environnement,
    • contribuant à la gestion intégrée des systèmes de voies d’eau navigables,
    • tenant compte des besoins spécifiques des pays en transition vers le développement et en fournissant à ceux-ci aide et conseils appropriés,
    • promouvant un réseau international complet de professionnels de la navigation et de sports ainsi que des autres parties prenantes,
    • coopérant étroitement avec les autres associations dans le domaine des ports, des voies navigables, de la gestion de la zone côtière et des divers aspects qui y sont associés.
  • Valeurs

Les valeurs de l’AIPCN sont :

    • être une organisation sans but lucratif oeuvrant pour le bien public,
    • être une organisation impulsée par ses membres et offrant à ceux-ci des services de qualité,
    • promouvoir une approche pluridisciplinaire des défis et problèmes émergents,
    • viser l’objectivité et l’impartialité.
  • Objectifs stratégiques

L’AIPCN remplira sa mission en centrant ses activités sur la réalisation des objectifs suivants à l’échelle mondiale :

  1. renforcer la fonction de navigation des voies d’eau, des ports et des zones côtières en vue d’un développement durable basé sur l’équilibre entre les intérêts écologiques et économiques,
  2. améliorer la planification, la conception, la construction, la gestion, l’exploitation et l’entretien des voies navigables intérieures et des ports maritimes et intérieurs, de leurs ouvrages et équipements ainsi que de leurs liaisons à l’hinterland,
  3. contribuer à la gestion intégrée des systèmes aquatiques,
  4. promouvoir l’utilisation optimale des ressources économiques dans la construction et l’exploitation des ports et des infrastructures de navigation,
  5. faire connaître de manière efficace les avantages du transport par eau,
  6. renforcer ses services à tous ses membres,
  7. favoriser les échanges d’expériences techniques et pratiques,
  8. coopérer avec les associations-sœurs.

La fédération Européenne des ports intérieurs

La Fédération Européenne des Ports Intérieurs (FEPI) regroupant les 200 principaux établissements situés aux « nœuds » des réseaux routiers, fluviaux et ferroviaires a récemment rencontré Jean-Claude GAYSSOT, président du Conseil des Ministres des Transports de l’Union Européenne.

La FEPI a présenté la position commune des neuf associations européennes des transports (chargeurs, opérateurs, gestionnaires de réseaux, etc).

Les 9 associations européennes de transport considèrent que la part accordée à la navigation fluviale dans la politique des transports menée par la Commission Européenne doit, afin de promouvoir les modes respectueux de l’environnement, être aussi attentive que celle donnée au transport ferroviaire et au transport maritime à courte distance. Elles attirent l’attention sur les points suivants :

  • Le réseau des voies navigables ne doit pas être traité isolément, en fonction des services qu’il rend dans la chaîne des transports. Il s’agit de créer de meilleures conditions d’intermodalité route-rail-voie d’eau.
  • Il convient de résorber réellement les « goulots d’étranglement » répertoriés dans la décision 1692/96.
  • En ce qui concerne les conditions de la navigation (horaires d’ouverture des services d’exploitation), il serait nécessaire, sans prétendre tout réglementer, d’harmoniser les différentes approches entre les États membres de l’Union Européenne et, au sein des États membres, entre les Régions.
  • En vertu du principe de non-discrimination, il est souhaitable que les aides nationales et européennes ne favorisent pas un mode de transport plutôt qu’un autre.

Les ports intérieurs considèrent qu’ils ont un rôle catalyseur à jouer, en assurant la connexion entre les voies navigables et les autres modes de transport terrestre (routes, oléoducs et fer). Ils appellent la Commission et les États membres à poursuivre une politique de soutien et de promotion du transport par voie d’eau comparable à celle accordée au soutien et à la promotion de la navigation à courte distance. Ils notent que nombre des ports intérieurs sont parfaitement accessibles au mode fluvio-maritime, ce qui doit permettre de désengorger certains goulots d’étranglement européens.

Jean-Claude GAYSSOT a fait part de l’intérêt qu’il porte à cette initiative commune qui rejoint celle du Gouvernement français qui a mis l’accent ces trois dernières années sur la combinatoire des modes maritimes, routiers, ferroviaires et fluviaux pour essayer de diminuer la pression que le transport routier de marchandises exerce sur les principaux axes de communication et dans les agglomérations.

La FEPI a demandé au Ministre de prendre une initiative pour obtenir, sous sa présidence, l’inscription au Conseil des Ministres des Transports de l’amendement à la décision n° 1692/96 concernant les réseaux transeuropéens de transport. Cette décision de 1996 prenait en considération les réseaux mais pas les ports (maritimes et intérieurs), en tant que lieux d’exercice de la combinatoire entre les modes. La FEPI souligne l’importance des ports trimodaux dans l’interconnexion des réseaux ; elle considère que la proposition du Parlement de mentionner les ports intérieurs dans la carte du transport combiné a du sens et demande au Conseil des Ministres de retenir cette proposition.

Par cette inscription, la FEPI souhaite une clarification de la politique européenne des transports, et une clarification des règles de financement par l’Union Européenne des infrastructures de base (dessertes terrestres des ports intérieurs ; voies navigables ; installations nécessaires au transit des déchets). Les ports intérieurs souhaitent la plus grande transparence dans l’expression et la mise en œuvre de la politique européenne des transports. Ils considèrent que les 200 principaux ports intérieurs européens sont, avec les ports maritimes, des lieux essentiels à la réussite d’une politique des transports supportable. La contribution des ports intérieurs à la diminution de la pression que le transport routier de marchandises exerce sur les grandes agglomérations et sur les grands axes de circulation européens apparaît devoir être fortement valorisée. Ces ports sont en effet essentiels pour favoriser le transport combiné qu’il s’agisse de fer/route, de fleuve/route ou de fer/fleuve.

Les ports intérieurs attendent beaucoup de la Présidence Française, puis de la Présidence Suédoise, de l’Union Européenne pour clarifier leurs perspectives de développement et leur permettre d’assurer leurs fonctions au service des populations.

Gilles LEBLANC,
Directeur Général du Port Autonome de Paris

Partenariat PUBLIC - PRIVE

Le partenariat public-privé permet de répondre à une demande considérable d’équipements et de services collectifs.

Il s’impose aujourd’hui comme un des outils fondamentaux de la modernisation des économies dans le monde. Les entreprises françaises ont déjà mis au service de nombreux pays leur longue tradition d’intervention dans ce domaine.

Pour faire connaître et partager cette expérience, le ministère de l’Equipement, des Transports et du Logement a fait appel à des experts reconnus pour la rédaction d’un ouvrage collectif sur le partenariat public-privé. On y trouvera en particulier :

  • les principes essentiels pour la réussite des partenariats sur les plans économique, juridique et financier ;
  • le processus de préparation, passation et déroulement d’un contrat ;
  • des recommandations utiles, fruit d’une longue pratique ;
  • la description de particularités par grands secteurs d’application, appuyée sur des exemples concrets de partenariats concernant les différents équipements de transport et les divers types de services urbains, un peu partout dans le monde.

Contact : MEDDTL
La Grande Arche, Paroi Sud, F
92055 La Défense cedex
Fax : 01 40 81 27 70
http://www.developpement-durable.gouv.fr

Predit

Un colloque se tiendra du 12 au 14 juin 2001, à la Cité des Sciences et de l’Industrie du Parc de La Villette à Paris afin de valoriser l’action scientifique et technolo-gique développée dans le cadre du “ Predit ”, Programme pour la recherche, le développement et l’innovation dans les transports terrestres. Cette manifestation sera organisée par le secrétariat permanent du Predit, en partenariat avec l’Isted.

Lancé en mars 1996, pour cinq ans, sur l’initiative des Ministres des transports, de la Recherche, de l’Environnement et de l’Industrie, avec le soutien de l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et de l’ANVAR (Agence Nationale de Valorisation de la Recherche), ce Programme vise à construire et à développer les coopérations entre les acteurs publics et privés autour de thèmes fédérateurs dans ces domaines.

Autres Titres

Dans un sondage exclusif réalisé en mai 2000 par la SOFRES pour le compte de Voies Navigables de France, il ressort que les Français témoignent d’un réel attachement à l’égard du transport fluvial. Ils l’estiment comme faisant partie du patrimoine culturel de la France et comme le mode de transport le plus respectueux de l’environnement. Une écrasante majorité d’entre eux souhaite que ce mode se développe davantage en raison de sa fiabilité et de son faible coût, notamment en énergie.

Le Conseil Régional d’Ile-de-France a fait son entrée au conseil d’administration et au bureau du Port Autonome de Paris où il sera dorénavant représenté par son vice-président chargé des transports et de la circulation, M. Serge Méry.

Bernard Chenevez, ICPC, ancien Directeur du Port Autonome de Paris et du Service de la Navigation de la Seine a été désigné pour diriger la mission de remise en état du chenal de navigation du Danube dont les travaux sont financés par l’Union Européenne.