Lettre AIPCN 1999

publié le 19 octobre 2011 (modifié le 11 janvier 2012)

Éditorial

La mondialisation des économies confronte toutes les nations à une concurrence croissante. Pour prospérer, celles-ci ont besoin d’échanges accrus de personnes et de biens : si le transport par mer reste la voie royale des échanges intercontinentaux de marchandises, la voie navigable est le mode le plus compétitif pour les transports intérieurs de masse sur de longues distances. C’est dire que les pays dont la géographie s’y prête, sont appelés à réaliser d’importants aménagements portuaires ou fluviaux, et à les exploiter au mieux pour que le transport contribue à la compétitivité de leur économie ; aujourd’hui et plus encore demain, ces transports doivent s’effectuer en toute sécurité et en respectant l’environnement humain et naturel.

Pour être performants aux plans économique, social et environnemental : ces aménagements doivent être conçus et exploités correctement ; ce qui exige toujours plus de connaissances scientifiques et techniques ainsi qu’une grande pratique des règles de l’art.
Par ses congrès, par ses commissions techniques, par ses groupes de travail et par ses publications, l’AIPCN offre à ses adhérents les plus larges possibilités d’échanger leurs expériences et d’accroître ainsi leur compétence.

Les sections nationales ont le devoir de contribuer à l’action de l’AIPCN par leurs propres travaux, en faisant la synthèse des acquis de leur pays, en analysant les besoins de connaissances nouvelles et, bien sûr, en faisant connaître les unes et les autres aux instances internationales de l’Association.

C’est la meilleure façon que leur apport à l’AIPCN soit efficace, et c’est aussi la meilleure façon de faire bénéficier l’économie de leur propre pays de l’action de l’Association.
Formons donc le vœu que la Section Française de l’AIPCN continue à faire preuve d’un dynamisme à la hauteur des enjeux : fidèle à sa tradition, notre section ne ménagera pas ses efforts pour que ce vœu soit exaucé !

Jean CHAPON

Le mot du président

Ce premier numéro du bulletin d’information de la Section Française de l’AIPCN est un moment important de la vie de notre association.

En se constituant en association de la " Loi de 1901 " en 1997, la Section Française s’est fixé comme objectif de rassembler tous les professionnels dont le métier touche aux voies navigables et aux ports maritimes aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé, dans les entreprises, les bureaux d’études, les services de l’Etat, les établissements publics ou les collectivités territoriales.

Rassembler pour échanger, écouter et comprendre les collègues étrangers, faire connaître l’expérience française, débattre des grands choix techniques et économiques de notre pays, tels sont les fondements du " projet " de la Section Française.

Ce premier numéro de notre lettre s’inscrit dans ce cadre et dans ce besoin de communication. Sa vocation est celle d’un lien et d’une tribune ouverte à vous les membres désireux de s’exprimer. Nous vous invitons donc chaleureusement à nous faire parvenir vos idées, vos suggestions et vos propositions d’articles : elles s’enrichiront d’autant le dialogue que nous souhaitons développer ...

Par ailleurs nous ferons en sorte que, très bientôt, cette " Lettre de la Section Française " soit également éditée sur un site Internet afin de diffuser plus rapidement et plus régulièrement, toutes les informations relatives à la vie de l’AIPCN.

Jean-Marc MEDIO
Président de la Section Française

Les visites techniques organisées lors de la CIP 1999

Conformément à la vocation de l’AIPCN et à la tradition de ses commissions internationales permanentes, nos amis belges ont organisé un excellent programme de visites techniques, toutes fortes intéressantes.

  • Port de Gand

Implantée à 30km à l’intérieur des terres, la ville de Gand est reliée à la mer par un canal accessible aux navires de 80.000 tonneaux, qui débouche sur le port de Terneuzen situé en Hollande. Il est prévu d’ouvrir ce canal aux bateaux de 150.000 tonneaux en y aménageant de plus grandes écluses.

23,7 millions de tonnes de marchandises arrivent par la mer chaque année et 20 millions de tonnes sont exportées. Le port occupe directement 25.000 personnes plus autant dans les activités de services annexes.

Le succès de Gand repose sur sa localisation géographique : le port est relié au réseau fluvial européen par les cours d’eau navigables, la Lys et la Scheldt. Deux importantes autoroutes européennes s’y croisent E17 (Stockholm / Lisbonne) et E40 (Londres / Istanbul).

Depuis 1996, une plate-forme internationale rail - route y a été également créée. Outre l’agrandissement des écluses, de nouveaux bâtiments d’entrepôts et de services, le Kluizendok, sont en cours de construction,ainsi que 1.500 km de quais, avec une profondeur d’eau de 13,5 m susceptible d’être portée à 18 m.

Ont été visités les travaux de dragages, la construction des murs de quai et les terrassements correspondants.

  • Port de Zeebrudge

Ce port entretien des échanges intenses avec l’Angleterre (30 navettes de passagers par jour ...), les pays scandinaves et toute l’Europe. Le trafic de conteneurs y est très important (700.000 TEP par an). Le port est bien relié à la route et au réseau ferré, avec des améliorations en cours.La liaison au réseau navigable se fait par un vieux canal vers Bruges.

Il est prévu de construire un nouveau canal en vue de relier Zeebrugge au canal de Terneuzen - Gand, ce qui permettrait à des navires plus importants d’accéder au système fluvial du Rhin.

  • L’ascenseur à bateaux de Strépy Thieux

Cet ouvrage en fin de chantier, permettra de relier les canaux de la région de Bruxelles au réseau français de voies navigables. Actuellement, la liaison existante ne permet que le passage de bateaux de 300 tonnes, avec cinq écluses datant de milieu du XIXème siècle pour franchir les 73m de dénivellation.

L’ascenseur est construit pour des péniches de 1.350 tonnes : les dimensions de la chambre de transport sont de 118,60 m x 16,50 m avec une hauteur de 8m. Elle peut recevoir des embarcations de dimensions maximales 112 m x 12m. Le tirant d’air est de 7,50m ; la hauteur d’eau varie entre 3,35m et 4,15m. La durée d’un cycle complet de fonctionnement est de 76 minutes, dont seulement 6 minutes pour « monter » le bateau.

Il s’agit donc d’une réalisation technique tout à fait remarquable qui suscite de très nombreuses visites. Une fois terminé, cet ouvrage hors du commun devrait également favoriser le développement du trafic et des relations économiques avec la France.

Toutes ces visites illustrent un certain nombre de facettes du réseau fluvio-maritime européen. Elles témoignent bien de l’intérêt de conjuguer judicieusement les possibilités complémen-taires des différents modes de transport routier, ferroviaire et fluvial dans le cadre d’une politique de croissance économique, de progrès social et de protection de l’environnement, à l’échelle qui est aujourd’hui la nôtre, c’est-à-dire celle de l’Europe et de la mondialisation. Nos vifs remerciements à tous nos collègues belges pour leur accueil et leur hospitalité durant toutes ces visites techniques !

Jean-Louis OLIVER
Secrétaire de la Section Française

Autres Titres

Un nouveau Président pour l’AIPCN

L’AIPCN, Association Internationale de Navigation, a tenu sa Commission Internationale Permanente (C.I.P.) du 17 au 21 mai 1999 à Gand (Belgique).

Cette réunion annuelle, qui a pour objet la gestion de l’Association, a été marquée par le double changement intervenu au niveau de la Présidence et du Secrétariat Général de l’Association : en effet, au Président Robert de PAEPE, en fonction depuis 1983, a succédé M. VAN DEN EEDE, Directeur des Voies Navigables de la Région Flamande ; par ailleurs, M. VAN SCHEL a remplacé M. VAN BEGIN au Secrétariat Général. Cette manifestation, remarquablement organisée par la Section Belge de l’AIPCN, outre le traitement des questions administratives, a comporté un débat international sur l’économie de la voie d’eau, la visite des ports de Gand, Anvers et Zeebrugge, ainsi que l’ascenseur à bateaux de Strepy Bracquegnies.

21 ème conférence de l’IAPH

La 21ème Conférence de l’Association Internationale des Ports (IAPH) s’est tenue du 15 au 21 mai 1999 à Kuala Lumpur (Malaisie). Organisée avec le concours de Port Klang Authority et du ministère malais des Transports, cette manifestation avait pour thème « Le commerce global en coopération avec les ports ». Elle a accueilli près de 800 délégués venus de 48 pays. A cette occasion, le Canadien Dominique Taddeo a été porté à la présidence de l’IAPH où il succède ainsi à Jean SMAGGHE, IGPC. La prochaine conférence de l’IAPH se tiendra à Montréal (Canada) du 19 au 26 mai 2001.